Le prix Renaudot 2026 attribué à François-Henri Désérable

Le centième prix Renaudot est allé à un roman sur le vin. Mardi 3 novembre 2026, quelques minutes après l’annonce du Goncourt, le jury présidé par Frédéric Beigbeder a désigné François-Henri Désérable pour Le Palais, paru chez Gallimard le 20 août.

Si vous cherchez un roman d’aventures pour les soirées de novembre, celui-ci se lit volontiers avec un verre à portée de main.

Couverture du roman Le Palais de François-Henri Désérable, éditions Gallimard, prix Renaudot 2026

Un prix Renaudot 2026 joué dès le premier tour

Les jurés n’ont pas fait durer le suspense : six voix contre quatre, au premier tour. « Voir mon nom s’inscrire à ce palmarès, c’est vraiment un très grand honneur », a réagi l’écrivain auprès de franceinfo.

Le prix fêtait cette année ses cent ans. Il est né en 1926, inventé par des journalistes qui patientaient chez Drouant en attendant le Goncourt, et il est toujours proclamé le même jour, dans le même restaurant. Désérable succède à Adélaïde de Clermont-Tonnerre, récompensée en 2025 pour Je voulais vivre (Grasset).

Le Palais : le résumé du roman

Arun Kumar grandit dans un bidonville de New Delhi, au pied d’une immense décharge que sa famille fouille chaque jour. Enfant, il est adopté par un couple de restaurateurs de Beaune et atterrit en France le soir où les Bleus remportent la Coupe du monde 1998. Pendant quelques instants, il croit que toute cette foule en liesse l’attend, lui.

En Bourgogne, Arun finit en douce les verres que laissent les clients du restaurant paternel. Il découvre alors qu’il possède un palais absolu, l’équivalent pour le goût de l’oreille absolue en musique : chaque vin goûté reste rangé dans sa mémoire, et il peut l’identifier à l’aveugle. Le roman suit son amitié avec Margot, fille du vigneron le plus respecté de la région, puis la rencontre avec un critique influent, Waterman, dont une note sévère va peser sur le domaine de la famille de Margot.

À partir de là, l’apprentissage tourne à l’aventure. Une dégustation à l’aveugle face au meilleur dégustateur du monde, New York, les îles Marquises, et un génie du vin qui passe de l’autre côté de la loi. Gallimard résume l’enjeu en deux questions : comment, et contre qui. On vous laisse le découvrir.

Le livre mêle roman d’aventures, récit d’apprentissage et petit traité d’œnologie, avec l’humour habituel de l’auteur. Les passages techniques sur le vin sont nombreux ; certains lecteurs les adorent, d’autres les trouvent un peu longs. Désérable, lui, parle d’une fable.

François-Henri Désérable, du hockey sur glace au Renaudot

François-Henri Désérable est né le 6 février 1987 à Amiens, où il a passé son enfance. Avant les livres, il y a eu la glace : formé aux Gothiques d’Amiens, passé par un lycée du Minnesota, il a joué en professionnel au Lyon Hockey Club de 2008 à 2012, puis à Montpellier. En parallèle, il étudiait le droit.

Il écrit depuis ses 18 ans et attribue cette envie à La Promesse de l’aube de Romain Gary. Le lien n’est pas anecdotique : son troisième livre part à la recherche de M. Piekielny, le voisin à qui le petit Romain avait promis de citer son nom. Tous ses livres sont publiés chez Gallimard et traduits dans plus d’une douzaine de langues.

AnnéeTitreGenreDistinction
2026Le PalaisromanPrix Renaudot
2023L’Usure d’un monderécit de voyage (quarante jours en Iran, après la mort de Mahsa Amini)
2021Mon maître et mon vainqueurromanGrand prix du roman de l’Académie française
2017Un certain M. Piekielnyroman-enquête autour de Romain Gary
2015Évaristeroman sur le mathématicien Évariste GaloisPrix des lecteurs L’Express-BFMTV, prix de la biographie
2013Tu montreras ma tête au peuplenouvelles sur des condamnés de la Révolution

À 39 ans, il entre donc au palmarès d’un prix qui a couronné Louis-Ferdinand Céline en 1932 pour Voyage au bout de la nuit. Pas mal pour un ancien hockeyeur. Pour en savoir plus sur l’auteur, consultez son blog.