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Je me méfie énormément du féminisme qui fait des femmes des petites choses à protéger. Nous ne sommes pas une espèce à protéger.
Je me méfie énormément du féminisme qui fait des femmes des petites choses à protéger. Nous ne sommes pas une espèce à protéger.Entretien avec Elisabeth Philippe pour l'Obs, octobre 2017
C'est curieux, dès qu'on féminise, on minorise. Dans l'état actuel du monde, ça nous met dans une position qui est une sorte d'accident de la nature humaine universelle masculine. C'est un accident d'être femme, il faut le marquer par un « e ». Je viens de la langue basque où il n'y a pas de genre. L'anglais est plus discret aussi sur cette distinction.Entretien avec Elisabeth Philippe pour l'Obs, octobre 2017
Moi j'aime bien le mot "écrivaine". "Auteure", je m'y suis beaucoup mise, mais en réalité il faudrait dire "autrice", autrice comme on dit "compositrice", "dessinatrice". Il y a une énorme résistance à ça. Comme si la langue était neutre. Je me bats beaucoup contre la règle grammaticale du "masculin l'emporte sur le féminin". Je trouve hallucinant qu'on apprenne ça aux enfants.Entretien avec Elisabeth Philippe pour l'Obs, octobre 2017
Tout est géographie, dans mes livres. La psychologie, l'histoire, sont des géographies. Et l'écriture est très porche pour moi d'un exercice zen, d'un « rien faire » où le moi psychologique est évacué. Écrire c'est être absent à soi même, c'est résonner, être poreux au monde, posé là.Entretien réalisé par Amy Concannon et Kerry Sweeney à propos du roman White, mars 2004
L'attente est l'état originel de l'écriture ; l'atermoiement, son état de naissance.
C'est une chose qu'on a ou qu'on n'a pas, en psycho : le goût de l'atmosphère de l'autre. Si vous ne l'avez pas, faites autre chose.Notre vie dans les forêts, éd. P.O.L.
De manière plus générale, la sorcellerie a toujours exercé une influence évidente sur mon écriture. J'ai été nourrie de ça. Mon arrière-grand-mère faisait tourner les tables, ma grand-mère voyait des fantômes et entretenait avec eux une familiarité déroutante. C'est ce que je retrouve en Afrique : la présence des esprits, et les récits très concrets qui les entourent : les fantômes laissent des traces dans le sable, boivent dans votre verre… Ce sont des fantômes du quotidien. Ils sont aussi porteurs de phrases, de messages, d'une parole presque psychanalytique qui peut bouleverser une famille.Vanity Fair, n°2 août 2013