• Mon problème, avec les classements, c'est qu'ils ne durent pas ; à peine ai-je fini de mettre de l'ordre que cet ordre est déjà caduc. Comme tout le monde, je suppose, je suis pris parfois de frénésie de rangement; l'abondance des choses à ranger, la quasi-impossibilité de les distribuer selon des critères vraiment satisfaisants font que je n'en viens jamais à bout, que je m'arrête à des rangements provisoires et flous, à peine plus efficaces que l'anarchie initiale.
    Penser/Classer, éd. Hachette
  • Il y a dans toute énumération deux tentations contradictoires ; la première est de TOUT recenser, la seconde d'oublier tout de même quelque chose; la première voudrait clôturer définitivement la question, la seconde la laisser ouverte ; entre l'exhaustif et l'inachevé, l'énumération me semble ainsi être, avant toute pensée (et avant tout classement), la marque même de ce besoin de nommer et de réunir sans lequel le monde (« la vie ») resterait pour nous sans repères : il y a des choses différentes qui sont pourtant un peu pareilles ; on peut les assembler dans des séries à l'intérieur desquelles il sera possible de les distinguer. Il y a dans l'idée que rien au monde n'est assez unique pour ne pas pouvoir entrer dans une liste, quelque chose d'exaltant et de terrifiant à la fois.
    Penser/Classer, éd. Hachette
  • Le gâchis est un ordre donné et l'harmonie un désordre choisi.
    Mes inscriptions (1943-1944), éd. Labor
  • L'ordre n'est que faux ordre qui se fonde sur la contrainte.
    Le pouvoir, éd. Hachette
  • Si vous pensez être une personne influente, essayez de donner des ordres au chien de quelqu'un d'autre.
  • L'ordre allonge la vie.
    De toutes les paroisses, éd. Lemerre