Aimé Césaire, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire ( - ) est un poète et homme politique français de Martinique. Figure majeure de la négritude, mouvement littéraire et culturel qu'il cofonde avec Léopold Sédar Senghor, il célèbre l'identité africaine et dénonce le colonialisme. Son œuvre phare, Cahier d'un retour au pays natal (1939), explore ses racines et les injustices raciales. Diplômé de l'École normale supérieure de Paris, il retourne en Martinique en 1939, où il enseigne et influence des écrivains comme Frantz Fanon. Politiquement, Aimé Césaire est député de Martinique (1945-1993) et maire de Fort-de-France (1945-2001). Membre du Parti communiste puis du Parti progressiste martiniquais, qu'il fonde en 1958, il milite pour l'autonomie des Antilles. Crédit photo : Jean Baptiste Devaux
  • Je refuse de désespérer parce que désespérer, c'est refuser la vie. Il faut garder la foi.
    Interview par Patrice Louis (2004)
  • L'homme de culture doit être un inventeur d'âmes.
  • Il y a une mémoire d'au-delà de la mémoire : c'est ce qui remonte à la surface grâce à ces grands coups de sonde que constituent l'acte poétique.
  • Je définis la culture ainsi : c'est tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour s'accommoder du monde et pour le rendre digne.
  • La vérité scientifique a pour signe la cohérence et l'efficacité. La vérité poétique a pour signe la beauté.
  • Le racisme commence avec la colonisation car il a fallu légitimer cette entreprise.
  • Tous les hommes ont les mêmes droits... Mais du commun lot, il en est qui ont plus de pouvoirs que d'autres. Là est l'inégalité.
  • Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.
    Discours sur le Colonialisme, éd. Présence africaine
  • La poésie est une insurrection contre la société.
  • Tu es toi et je suis moi. Accepte-moi tel que je suis. Ne cherche pas à dénaturer mon identité et ma civilisation.
  • La poésie est cette démarche qui, par le mot, l'image, le mythe, l'amour et l'humour, m'installe au cœur vivant de moi-même et du monde. Le poète est cet être très vieux et très jeune, très complexe et très simple, qui, aux confins vécus du rêve et du réel, du jour et de la nuit, entre absence et présence, cherche et reçoit dans le déclenchement soudain des cataclysmes intérieurs le mot de passe de la connivence et de la puissance.
  • C'est ça, la culture : c'est tout ce que l'homme a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable.
  • La colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral [...] Au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et "interrogés", de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès, lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent.
    Discours sur le Colonialisme, éd. Présence africaine
  • Colonisation : tête de pont dans une civilisation de la barbarie d'où, à n'importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation.
    Discours sur le Colonialisme, éd. Présence africaine
  • La colonisation, je le répète, déshumanise l'homme même le plus civilisé ; [...] l'action coloniale, l'entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l'homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l'entreprend ; [...] le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s'habitue à voir dans l'autre la bête, s'entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête.
    Discours sur le Colonialisme, éd. Présence africaine