Georges Bernanos

Georges Bernanos
Georges Bernanos ( - ) est un écrivain français.

" Il n'y a pas de démocratie populaire, une véritable démocratie du peuple est inconcevable. L'homme du peuple, n'étant pas apte à tout, ne saurait parler de ce qu'il connaît, il comprend parfaitement que l'élection favorise les bavards. [...] le pouvoir est à qui le prend, à qui se sent la force de le prendre. "

Les Grands Cimetières sous la lune, éd Gallimard

" Les classes moyennes sont presque seules à fournir le véritable imbécile, la supérieure s'arrogeant le monopole d'un genre de sottise parfaitement inutilisable, d'une sottise de luxe, et l'inférieure ne réussissant que de grossières et parfois admirables ébauches d'animalité. "

Les Grands Cimetières sous la lune, éd Gallimard

" L'homme est naturellement résigné. L'homme moderne plus que les autres en raison de l'extrême solitude où le laisse une société qui ne connaît plus guère entre les êtres que les rapports d'argent. "

Les Grands Cimetières sous la lune, éd Gallimard

" Les imbéciles sont capables de discuter indéfiniment sur n'importe quelle question, mais ils se garderont bien de la poser d'une telle manière qu'ils soient forcés d'y répondre... "

La France contre les robots, éd. Le Castor Astral

" Le tort du racisme n'est pas d'affirmer l'inégalité des races, aussi évidente que celle des individus, c'est de donner à cette inégalité un caractère absolu, de lui subordonner la morale elle-même, au point de prétendre opposer celle des maîtres à celle des esclaves. "

Le Chemin de la Croix-des-Âmes, éd. Atlantica editora

" L'imbécile est d'abord un être d'habitude et de parti pris. Arraché à son milieu il garde, entre ses deux valves étroitement closes, l'eau du lagon qui l'a nourri. Mais la vie moderne ne transporte pas seulement les imbéciles d'un lieu à un autre, elle les brasse avec une sorte de fureur. "

Les Grands Cimetières sous la lune, éd Gallimard

" Capitalistes, fascistes, marxistes, tous ces gens là se ressemblent. Les uns nient la liberté, les autres font encore semblant d'y croire, mais qu'ils y croient ou n'y croient pas, cela n'a malheureusement plus beaucoup d'importance, puisqu'ils ne savent plus s'en servir. Hélas ! le monde risque de perdre la liberté, de la perdre irréparablement, faute d'avoir gardé l'habitude de s'en servir… Je voudrais avoir un moment le contrôle de tous les postes de radio de la planète pour dire aux hommes : « Attention ! Prenez garde ! La Liberté est là, sur le bord de la route, mais vous passez devant elle sans tourner la tête. » "

La France contre les robots, éd. Le Castor Astral

" Il n'y a rien de plus sot qu'un journal, du moins aussi longtemps que son auteur vit. Je n'ai jamais été découragé par la niaiserie, tout ce qu'on écrit de sincère est niais, toute vraie souffrance a ce fond de niaiserie, sinon la douleur des hommes n'auraient plus de poids, elle s'envolerait dans les astres. "

Les enfants humiliés, éd. Gallimard

" On dit parfois que l'homme est un animal religieux. Le système l'a défini une fois pour toutes un animal économique, non seulement l'esclave mais l'objet, la matière presque inerte, irresponsable, du déterminisme économique, et sans espoir de s'en affranchir, puisqu'il ne connaît d'autre mobile certain que l'intérêt, le profit. Rivé à lui-même par l'égoïsme, l'individu n'apparaît plus que comme quantité négligeable, soumise à la loi des grands nombres ; on ne saurait prétendre l'employer que par masses, grâce à la connaissance des lois qui le régissent. Ainsi le progrès n'est plus dans l'homme, il est dans la technique, dans le perfectionnement des méthodes capables de permettre une utilisation chaque jour plus efficace du matériel humain. "

La France contre les robots, éd. Le Castor Astral

" Un monde gagné par la Technique est perdu pour la Liberté. "

La France contre les robots, éd. Le Castor Astral

" Qui n'a pas une fois désespéré de l'honneur ne sera jamais un héros. "

Scandale de la vérité, éd. Gallimard

" Le nombre est petit de ceux d'entre nous qui savent vieillir, et pourtant le passage est autrement difficile de l'enfance à l'âge mûr. Nul homme ne peut se flatter de l'avoir franchi impunément, sinon peut-être les saints et les génies. Oh ! sans doute, il y a ce "mûrissement" des dons naturels de l'enfance, cet approfondissement des expériences de l'enfance, mais pour mûrir les dons de l'enfance, ou en approfondir les expériences, il faudrait d'abord apprécier la valeur des unes et des autres, il faudrait juger l'âge mûr par rapport à l'enfance, et non pas l'enfance par rapport à l'âge mûr. "

L'Intransigeant, 25/12/1947

" Lorsqu'un homme crie : « Vive la Liberté ! » il pense évidemment à la sienne. "

" Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. "

" Chaque imbécile pris à part n'est qu'un imbécile, mais l'expérience accumulée des imbéciles pèse d'un poids immense sur le monde. "

La Révolte de l'esprit, éd. Les Belles Lettres

" Une civilisation ne s'écroule pas comme un édifice, on dirait beaucoup plus exactement qu'elle se vide peu à peu de sa substance jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que l'écorce. "

La France contre les robots