Dire oui à la vie, ce n’est pas simplement l'aimer quand tout va bien. Ce n'est pas une adhésion inconditionnelle, dépendante des bonheurs passagers, des réussites, des élans faciles. C'est accueillir la vie dans son entier, avec ses douceurs et ses orages, avec ses moments de joie comme ses passages douloureux. Car aimer la vie uniquement dans ses jours heureux, c'est en vérité ne pas l'aimer vraiment. L'épreuve du consentement véritable, c'est la capacité à rester en amitié avec l'existence même lorsque le vent tourne, même lorsque surgit l'épreuve. Cela semble contre-nature. Et pourtant, c'est là ce que visent toutes les grandes sagesses du monde : trouver une paix, une satisfaction, un contentement profond à la vie qui ne dépendent plus des aléas extérieurs. La sagesse propose ainsi un retournement radical : ne plus dépendre des causes extérieures pour notre bonheur, mais puiser en nous une assise plus stable, plus profonde, plus libre. Non pas parce que le monde serait toujours doux, mais parce que nous aurions appris à habiter ce monde avec une conscience élargie, capable de traverser la lumière comme l'ombre.