• Ce rapport de passion avec la lecture nous vient de l'enfance et, avec l'âge, y retourne. C'est pourquoi il est si important d'apprendre l'art de lire dès ses jeunes années: pour ne plus jamais, de sa vie entière, être seul. Je ne suis jamais seule ni totalement abandonnée, du moment qu'il y a des livres. Tous les livres. En somme, vous. Car les livres, ce sont les autres. Présents- absents.
    Oser écrire, éd. Fayard
  • Les bons romans collent au réel sans l'imiter.
    Oser écrire, éd. Fayard
  • Certains livres m'ont causé de vives et durables émotions, d'autres m'ont profondément bouleversé. À tel point qu'il m'est arrivé parfois, au sortir d'une lecture, de me retrouver comme drogué. La réalité ambiante me paraissait lointaine.
    Dans la lumière des saisons, éd. POL
  • Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d'un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l'étagère.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • C'est ce que doivent faire les livres, porter une personne et non pas se faire porter par elle, décharger la journée de son dos, ne pas ajouter leurs propres grammes de papier sur ses vertèbres.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Ce que nous devenons dépend de ce que nous lirons après que tous les professeurs auront terminé avec nous. La plus grande université de toutes est une collection de livres.
  • À Londres, on livre un livre pour quelques livres.
    Faces & Cie, éd. Edilivre
  • Quel plaisir goûtons-nous dans les romans, sinon celui d'assister à ce déroulement d'un destin imaginaire, de contempler dans les premières parties les présages et à la fin les accomplissements, puis de mesurer secrètement leur ressemblance ? Mais nous sommes si peu les amis de nous-mêmes que nous ne cherchons pas à faire pour le seul être réel ce que nous nous plaisons à admirer dans les êtres imaginaires.
    Le travail intellectuel, éd. Aubier
  • Il est remarquable qu'un livre de science, quand il n'est pas de géométrie, ne dure pas plus de trente ans. La connaissance qui semble être la plus vraie est celle qui se gâte le plus vite : rien ne date plus qu'un ouvrage de constatation ou d'érudition, paru au début de ce siècle ; il a suffi d'une petite découverte pour les rendre caducs à jamais, alors que la poésie et la philosophie ne vieillissent pas.
    Le Travail intellectuel, éd. Aubier
  • Le plus beau livre est peut-être celui qui n'a pas été écrit pour être lu, qui n'est publié qu'après la mort de son auteur, qui n'est ombré par aucun désir de plaire, qui a la qualité d'un testament. Et il est bon que le livre soit plus ancien pour qu'il ne se rattache à nos détails présents par aucun fil, et qu'il nous fasse sentir que ce qui nous émeut, dans ce moment-ci, est provisoire.
    Le Travail intellectuel, éd. Aubier
  • Pour qu'un livre nous touche, il faut sans doute qu'il établisse entre notre expérience et celle de la fiction – entre deux imaginations, la nôtre et celle qui se déploie sur la page – un lien fait de coïncidences.
    Journal d'un lecteur, éd. Actes Sud
  • Je n'éprouve aucun sentiment de culpabilité vis-à-vis des livres que je n'ai pas lus et que je ne lirai peut-être jamais ; je sais que mes livres ont une patience illimitée. Ils m'attendront jusqu'à la fin de mes jours.
  • Un livre apporte au lecteur sa propre histoire.
    Une histoire de la lecture, éd. Actes Sud
  • Je ne crois pas pouvoir me rappeler joie plus grande, plus complète, que celle d’arriver aux quelques dernières pages et de poser le livre, afin que la fin ne se produise pas avant le lendemain, et de me renfoncer sur l'oreiller avec le sentiment d'avoir bel et bien arrêté le temps.
    Une histoire de la lecture, éd. Actes Sud