• Le roman est une confession sans fin, un dialogue incessant avec soi-même et aves les autres.
  • Dans tous mes livres je me mets nu et en même temps je me travestis par des mots, des choix, des attitudes, par la féerie. Je m'arrange pour ne pas être trop endommagé.
  • Les gens qui ne lisent pas ignorent l'exaltation que l'on peut ressentir dans une librairie.
  • Pour moi, presque tout ce que j'ai appris de bien, je l'ai appris par les livres. Et ma compréhension du monde, ou le peu que j'en ai, s'est obscurcie à partir du moment où j'ai eu de l'expérience.
  • Le livre ouvre un lointain à la vie, que l'image envoûte et immobilise.
  • Tout livre pousse sur d'autres livres, et peut-être que le génie n'est pas autre chose qu'un apport de bactéries particulières, une chimie individuelle délicate, au moyen de laquelle un esprit neuf absorbe, transforme, et finalement restitue sous une forme inédite non pas le monde brut, mais plutôt l'énorme matière littéraire qui préexiste à lui.
    Préférences, éd. José Corti
  • Le prix des livres est aligné sur celui des repas. Un livre de poche correspond à un sandwich ou un hamburger, un livre d'art ou une édition originale à l'addition dans un restaurant gastronomique. Mais à prix égal, c'est toujours le livre que le public trouve trop coûteux, alors qu'il s'émerveille de la somme modique du repas.
    Pense-bêtes, éd. Le Cherche Midi
  • Pilonner les livres est aussi barbare que les brûler, mais provoque moins d'indignation. Les feuilles vierges obtenues grâce aux pages imprimées recyclées fourmillent de fantômes. Des mots resurgissent, des terminaisons de verbes achèvent de se décomposer, des bribes de ponctuation affleurent. L'autodafé lave quand même plus propre.
    Pense-bêtes, éd. Le Cherche Midi
  • Tout livre est un jardin. [...] Les lampes de l'imagination s'allument en recevant le baume parfumé de l'émotion.
  • Les histoires sont le meilleur moyen d'élever la vie au-dessus de la médiocrité du quotidien.
  • Ce rapport de passion avec la lecture nous vient de l'enfance et, avec l'âge, y retourne. C'est pourquoi il est si important d'apprendre l'art de lire dès ses jeunes années: pour ne plus jamais, de sa vie entière, être seul. Je ne suis jamais seule ni totalement abandonnée, du moment qu'il y a des livres. Tous les livres. En somme, vous. Car les livres, ce sont les autres. Présents- absents.
    Oser écrire, éd. Fayard
  • Les bons romans collent au réel sans l'imiter.
    Oser écrire, éd. Fayard
  • Certains livres m'ont causé de vives et durables émotions, d'autres m'ont profondément bouleversé. À tel point qu'il m'est arrivé parfois, au sortir d'une lecture, de me retrouver comme drogué. La réalité ambiante me paraissait lointaine.
    Dans la lumière des saisons, éd. POL
  • Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d'un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l'étagère.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever.
    Trois chevaux, éd. Gallimard