• L'État n'est pas la patrie, c'est l'abstraction, la fiction métaphysique, mystique, politique, juridique de la patrie. Les masses populaires de tous les pays aiment profondément leur patrie ; mais c'est un amour réel, naturel. Pas une idée : un fait... Et c'est pour cela que je me sens franchement et toujours la patriote de toutes les patries opprimées.
    Circulaire à mes amis d'Italie
  • Je n'hésite pas à dire que l'État c'est le mal, mais un mal historiquement nécessaire, aussi nécessaire dans le passé que le sera tôt ou tard son extinction complète [...]. L'État n'est point la société, il n'en est qu'une forme historique aussi brutale qu'abstraite.
    Dieu et l'État
  • L'État garantit toujours ce qu'il trouve : aux uns leurs richesses, aux autres la pauvreté ; aux uns la liberté fondée sur la propriété ; aux autres l'esclavage, conséquence fatale de leur misère.
    Dieu et l'État
  • Toute théorie conséquence et sincère de l'État est essentiellement fondée sur le principe de l'autorité, c'est-à-dire sur cette idée [...] que les masses, toujours incapables de se gouverner, devront subir en tout temps le joug bienfaisant d'une sagesse et d'une justice qui, d'une manière ou d'une autre, leur seront imposées d'en haut.
    Fédéralisme, socialisme et antithéologisme
  • L'État a toujours été le patrimoine d'une classe privilégiée quelconque : classe sacerdotale, nobiliaire, bourgeoise ; classe bureaucratique à la fin, lorsque, toutes les autres classes s'étant épuisées, l'État tombe ou s'élève, comme on voudra, à la condition de machine.
    Lettres sur le patriotisme
  • L'État peut être légal mais il n'est légitime que lorsque, à la tête de la nation, il reste l'arbitre qui garantit la justice et ajuste l'intérêt général aux libertés particulières.
    L'affaire Jean de Maisonseul (1956)
  • L'État s'établit davantage tous les jours, à côté, autour, au-dessus de chaque individu pour l'assister, le conseiller et le contraindre.
    De la démocratie en Amérique
  • Aide-toi, l'État ne t'aidera pas.
    Propos de O.L. Barenton, confiseur, éd. du Tambourinaire
  • Si un État est gouverné par la raison, la pauvreté et la misère sont honteuses ; et si ce n'est pas la raison qui gouverne, les richesses et les honneurs sont honteux.
  • L'État est nécessaire, mais chaque fois qu'on peut s'en passer, moi, je préfère.
    TF1, 28 avril 1985
  • L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids. II ment froidement ; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple ».
  • Le droit, l'ordre éthique, l'État constituent la seule réalité positive et la seule satisfaction de la liberté.
  • La valeur d'un État, à la longue, c'est la valeur des individus qui le composent ; [...] un État qui rapetisse les hommes pour en faire des instruments dociles entre ses mains, même en vue de bienfaits, un tel État s'apercevra qu'avec de petits hommes; rien de grand ne saurait s'accomplir, et que la perfection de la machine à laquelle il a tout sacrifié n'aboutit finalement à rien, faute de cette puissance vitale qu'il lui a plu de proscrire pour faciliter le jeu de la machine.
    De la Liberté
  • Il faut concevoir l'État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé […], revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime.
    Le Savant et le politique
  • Il faut changer de maximes d'État tous les vingt ans, parce que le monde change.
    Pensées