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L'homme ne tue pas seulement pour manger, il boit aussi.
L'homme ne tue pas seulement pour manger, il boit aussi.
La coupe de mes jours s'est brisée encore pleine.Le poète mourant (1815-1820)
La douleur lentement m'entr'ouvre le tombeau : Salut, mon dernier jour ! sois mon jour le plus beau !Méditations poétiques (1820)
La mort n'est pas la fin, il reste le litige sur l'héritage.
Cadavre : produit fini dont nous sommes la matière première.Dictionnaire du Diable
Rien n'est acquis jamais, rien n'est promis jamais, que la mort. Aussi ne peut-on échapper à l'angoisse qu'en acceptant cela même qu'elle perçoit, qu'elle refuse et qui l'affole. Quoi ? La fragilité de vivre, la certitude de mourir, l'échec ou l'effroi de l'amour, la solitude, la vacuité, l'éternelle impermanence de tout... C'est la vie même, et il n'y en a pas d'autre.Impromptus, éd. PUF
Certains de mes amis, même intelligents, m’assurent qu'à la mort ils ne pensent jamais, ou quelques fois par an tout au plus. Quant à en sentir la saveur... D'autres, comme moi, y pensent tous les jours, et à toute heure presque de chaque jour... Ce goût-là, c'est ce que nous connaissons le mieux. Comme les fraises à côté nous paraissent exotiques ! Peur ? Pas trop, me semble-t-il. Mais ce goût de néant sur toutes choses, cette ombre portée du périr... On ne meurt pas une fois, au bout du compte, pour finir. On meurt tous les jours, à chaque instant de chaque jour. L'enfant que j'étais est mort dans l'adulte que je suis, celui que j'étais hier est mort aujourd'hui, ou s'ils survivent en moi ce n'est qu'autant que je leur survis, chacun transporte son cadavre avec soi, et jamais ne reviendront les amours anciennes... La vie est déchirante parce qu'elle meurt, parce qu'elle ne cesse de mourir, là, devant nous, en nous, et le temps est cette déchirure, cette mort en nous qui avance, qui creuse, qui attend, qui menace... Faut-il y penser ? Faut-il oublier ? Question de sensibilité, à ce que je crois.Impromptus, éd. PUF
Ce n'est pas la mort qu'il faut vaincre – puisqu'on ne peut –, c'est la peur que nous en avons. La sagesse, non la santé, est le remède. La philosophie, non la médecine, le chemin. Il s'agit de vivre, et de vivre heureux si nous le pouvons. Mais comment des mortels le pourraient-ils (sauf à se bercer d'illusions) sans accepter la mort ?Impromptus, éd. PUF
On va tous mourir. Objectivement, c'est une mauvaise nouvelle. Mais voir la vérité en face, même sombre, donne envie de vivre, là où des tas de leçons d'optimisme donnent envie de se coucher.
[...] la tragédie de la mort est en ceci qu'elle transforme la vie en destin, qu'à partir d'elle rien ne peut plus être compensé.L'Espoir, éd. Gallimard
Quand je mourrai, je ne veux pas laisser de restes. Je voudrais disparaître. Les gens ne diraient pas "il est mort aujourd'hui", ils diraient "il a disparu".
La mort, c'est un sommeil où l'individualité s'oublie.
Toutes les fois qu’un homme meurt, c’est un monde qui disparaît, le monde qu’il portait dans sa tête.
Il y a plus de morts que de vivants et ce sont les morts qui dirigent les vivants.Catéchisme positiviste
En ce monde rien n'est certain, à part la mort et les impôts.