Annie Ernaux, née le 1er septembre 1940, est une femme de lettres française, lauréate du prix Renaudot en 1984 pour La Place. Crédit photo : Babsy
  • Dans le monde de l'hypermarché et de l'économie libérale, aimer les enfants, c'est leur acheter le plus de choses possibles.
    Regarde les lumières mon amour, éd. Flammarion
  • L'action de la littérature est silencieuse, lente, imprévisible.
    Le Soir, 17 mars 2017
  • Au fond il n'y a que deux sortes de littérature, celle qui représente et celle qui cherche, aucune ne vaut plus que l'autre, sauf pour celui qui a choisi de s'adonner à l'une plutôt qu'à l'autre.
    Mémoire de fille, éd. Gallimard
  • Trouver une phrase pour soi, la phrase qui, quand on se la dit en silence, aide à vivre...
    Les Années, éd. Gallimard
  • Je suis toujours dans la vie, et je suis toujours révoltée, le racisme, le sexisme, l'injustice, voilà, révoltée, c'est le mot. Je ne peux pas me taire.
    Entretien (extrait), avril 2021
  • La distance qui sépare le passé du présent se mesure peut-être à la lumière répandue sur le sol entre les ombres, glissant sur les visages, dessinant les plis d'une robe, à la clarté crépusculaire, quelle que soit l'heure de la pose, d'une photo en noir et blanc.
    Les Années, éd. Gallimard
  • Ce qui compte ce n'est pas ce qui arrive, c'est ce qu'on fait de ce qui arrive.
  • Quand j'écris, je ne me demande pas si c'est bien, je me demande si c'est juste.
    La Grande Librairie, France 5, 4 mai 2022
  • On est fait de mots qui nous traversent.
    La Grande Librairie, France 5, 4 mai 2022
  • L'écriture relève du politique même si on ne veut pas en faire.
    La Grande Librairie, France 5, 4 mai 2022
  • [...] j'ai conçu mon engagement dans l'écriture, lequel ne consiste pas à écrire « pour » une catégorie de lecteurs, mais « depuis » mon expérience de femme et d'immigrée de l'intérieur, depuis ma mémoire désormais de plus en plus longue des années traversées, depuis le présent, sans cesse pourvoyeur d'images et de paroles des autres. Cet engagement comme mise en gage de moi-même dans l'écriture est soutenu par la croyance, devenue certitude, qu'un livre peut contribuer à changer la vie personnelle, à briser la solitude des choses subies et enfouies, à se penser différemment.
    Discours pour le prix Nobel de littérature, 7 décembre 2022
  • Commencer un livre, c'est sentir le monde autour de moi, et moi comme dissoute, acceptant de me dissoudre, pour comprendre et rendre la complexité du monde.
    Journal
  • Comment ne pas s'interroger sur la vie sans le faire aussi sur l'écriture ? Sans se demander si celle-ci conforte ou dérange les représentations admises, intériorisées sur les êtres et les choses ?
    Discours pour le prix Nobel de littérature, 7 décembre 2022
  • [...] j'ai adopté, à partir de mon quatrième livre, une écriture neutre, objective, « plate » en ce sens qu'elle ne comportait ni métaphores ni signes d'émotion. La violence n'était plus exhibée, elle venait des faits eux-mêmes et non de l'écriture. Trouver les mots qui contiennent à la fois la réalité et la sensation procurée par la réalité allait devenir, jusqu'à aujourd’hui, mon souci constant en écrivant, quel que soit l'objet.
    Discours pour le prix Nobel de littérature, 7 décembre 2022