• Les systèmes les plus autoritaires suscitent, dans les nations où ils sont d'application, les cas les plus hallucinants de déviance - et, par ce fait même, une relative tolérance à l'égard des bizarreries humaines les plus sidérantes. On ne sait ce qu'est un excentrique si l'on n'a pas rencontré un excentrique nippon.
    Stupeur et tremblements, éd. Albin Michel
  • Il y a dans les mœurs, comme dans l'histoire, des conquêtes imprévues.
  • La société dans laquelle nous sommes nés repose sur l'égoïsme. Les sociologues nomment cela l'individualisme alors qu'il y a un mot plus simple : nous vivons dans la société de la solitude.
  • Les grosses légumes sont les notables du règne végétal et les légumes oubliés, les SDF des potagers.
    Mes dernières pensées sont pour vous, éd. Flammarion
  • Dans une société permissive, ne pas savoir à qui désobéir est le plus affreux des maux.
  • Il n'y aurait pas de vie collective possible si les gens gardaient leur mémoire intacte. On ne croirait plus en rien ni à personne. On ne pourrait plus continuer d'espérer, d'aller de l'avant.
    Les pensées de San-Antonio
  • Il faut être sourd, aveugle et amnésique pour croire qu'il y a encore une fracture sociale. Les barrières ont cédé : l'indifférenciation règne. Du bas en haut de l'échelle, des marges à la jet set, le même homme démocratique, soucieux d'être authentiquement ce qu'il est par-delà le rôle, le rang ou le moment, déchire le voile des convenances et s'exprime avec la même décontraction, dans le même idiome relâché.
    Nous autres, modernes : quatre leçons, éd. Ellipses
  • En voulant réduire, jusqu'à la faire disparaître, la part de l'immaîtrisable et de l'incalculable, on bâtit une société d'esclaves.
    Un Cœur intelligent, éd. Stock/Flammarion
  • L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer.
    Contre feux n°2, éd. Raisons d'agir
  • Le musée est important pour ceux qui y vont dans la mesure où il leur permet de se distinguer de ceux qui n'y vont pas.
  • Une société qui tue ses poètes est une société malade.
  • Si la société est devenue meilleure, ce n'est pas que les hommes s'aiment davantage, c'est qu'elle s'est dotée d'organisations plus justes.
    L'amitié, éd. Ramsay
  • Aves la multiplication des ruines humaines - c'est-à-dire de tous ces objets modernes qui s'écroulent, de ces épaves qui s'amoncellent dans les cimetières de voitures, dans les cimetières d'avions ou de bateaux -, on a le sentiment d'être parmi les restes d'une société en train de disparaître. Ca nous offre l'image de ce que le monde sera dans cent ou deux cents ans. Il semble qu'on avance au milieu de sa propre destinée.
    Ailleurs, entretiens sur France Culture avec Jean-Louis Ezine, éd. Arléa
  • La société est comme un navire ; tout le monde doit contribuer à la direction du gouvernail.
  • Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité.