• Si la joie colore la création, le plaisir, lui, accompagne la consommation, c'est-à-dire une forme de destruction.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • Être homme, c'est créer, et une vie où la création n'aurait aucune place ne vaudrait pas d'être vécue, parce qu'il lui manquerait cette étincelle divine qui en fait une vie humaine.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • L'homme ne promène pas son chien, c'est lui qui est promené par son chien.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • Le comique surgit chaque fois que du mécanique se plaque sur du vivant.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • Vous ne pouvez avoir de l'amitié pour quelqu'un qui n'a pas d'amitié pour vous. Ou elle est partagée, ou elle n'est pas. Tandis que l'amour semble au contraire se nourrir du malheur de n'être pas partagé. L'amour malheureux, c'est le ressort principal de la tragédie et du roman.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • [...] mettre au monde et élever un enfant [...] est peut-être la plus belle, mais aussi la plus dangereuse de toutes les créations.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • Il est cependant un domaine où le plaisir et la joie se confondent indissolublement, c'est la sexualité, et c'est ce qui la rend incomparable. Car le désir sexuel est une faim de l'autre, et ressemble par bien des côtés à une pulsion cannibalesque. Le goût violent de la chair d'autrui, de son odeur, des humeurs qu'elle sécrète a un aspect évidemment anthropophage. Et quand le sexe en reste à ce niveau, il n'est pas loin de basculer dans le sadisme. Mais cet élan destructeur est en même temps un acte créateur, et le plaisir sexuel s'épanouit dans la construction d'une vie à deux. Car la rencontre de deux personnes qui s'aiment inaugure une vie nouvelle, imprévue, incomparablement plus riche que la simple addition de leurs qualités respectives.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • Signe et image sont les deux grandes voies de la communication entre les hommes à travers l'espace et le temps.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • L'intelligence est la faculté de relativiser les absolus livrés bruts par l'expérience.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • Le ciseau du sculpteur libère la jeune fille, l'athlète ou le cheval du bloc de marbre. De même les signes sont tous prisonniers de l'encre et de l'encrier. Le calame les en libère et les lâche sur la page. La calligraphie est libération.
    La Goutte d'or, éd. Gallimard
  • L'image est toujours rétrospective. C'est un miroir tourné vers le passé. Il n'y a pas plus pure image que le profil funéraire, le masque mortuaire, le couvercle de sarcophage.
    La Goutte d'or, éd. Gallimard
  • Si un homme change de femme, c'est afin de trouver chez la nouvelle une oreille vierge pour ses histoires.
    Le médianoche amoureux, éd. Gallimard
  • Il n'y a de bonne intimité que crépusculaire.
    Le médianoche amoureux, éd. gallimard
  • [...] les enfants ne sont pas bons, [...] ils sont féroces. Il suffit qu'ils se sentent les plus forts.
    Le médianoche amoureux, éd. Gallimard
  • Quoi de plus mélancolique qu'un photographe qui n'a plus rien à photographier, ayant laissé échapper la seule image qui compte désormais à ses yeux ?
    Le médianoche amoureux, éd. Gallimard