Philippe Noiret (1er octobre 1930 - 23 novembre 2006) est un acteur français. Après une scolarité difficile, il se tourne vers le théâtre et rejoint en 1953 le Théâtre national populaire (TNP) de Jean Vilar. Pendant sept ans, il y interprète de nombreux rôles et travaille notamment aux côtés de Gérard Philipe. En parallèle, il forme avec Jean-Pierre Darras un duo comique qui se produit dans les cabarets parisiens. Repéré par Agnès Varda, il fait ses débuts au cinéma dans La Pointe courte, puis apparaît dans Zazie dans le métro de Louis Malle. Sa carrière prend une nouvelle dimension avec La Vie de château (1966) et Alexandre le Bienheureux (1968). Il s'illustre ensuite dans des registres très variés, de La Grande Bouffe au Vieux Fusil, qui lui vaut son premier César du meilleur acteur en 1976. Il reçoit un second César en 1990 pour La Vie et rien d'autre. Il joue également dans Cinéma Paradiso et Le Facteur. Crédit photo : Christian d'Aufin
  • Genre : Homme
  • Nationalité : Française
  • Profession : Comédien
  • Date de naissance : 1 octobre 1930
  • Date de décès : 23 novembre 2006
  • Je n'ai pas d'idées générales, j'ai déjà du mal avec les idées particulières.
  • Le voyage est court. Essayons de le faire en première classe.
  • Il me semble qu'ils fabriquent des escaliers plus durs qu'autrefois. Les marches sont plus hautes, il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux marches à la fois. Aujourd'hui, je ne peux en prendre qu'une seule.
    A noter aussi les petits caractères d'imprimerie qu'ils utilisent maintenant. Les journaux s'éloignent de plus en plus de moi quand je les lis : je dois loucher pour y parvenir. L'autre jour, il m'a presque fallu sortir de la cabine téléphonique pour lire les chiffres inscrits sur les fentes à sous.
    Il est ridicule de suggérer qu'une personne de mon âge ait besoin de lunettes, mais la seule autre façon pour moi de savoir les nouvelles est de me les faire lire à haute voix - ce qui ne me satisfait guère, car de nos jours les gens parlent si bas que je ne les entends pas très bien. Tout est plus éloigné. La distance de ma maison à la gare a doublé, et ils ont ajouté une colline que je n'avais jamais remarquée avant. En outre, les trains partent plus tôt. J'ai perdu l'habitude de courir pour les attraper, étant donné qu'ils démarrent un peu plus tôt, quand j'arrive.
    Ils ne prennent pas non plus la même étoffe pour les costumes. Tous mes costumes ont tendance à rétrécir, surtout à la taille. Leurs lacets de chaussures aussi sont plus difficiles à atteindre.
    Le temps lui-même, change. Il fait froid l'hiver, les étés sont plus chauds. Je voyagerais, si cela n'était pas aussi loin. La neige est plus lourde quand j'essaie de la déblayer. Les courants d'air sont plus forts. Cela doit venir de la façon dont ils fabriquent les fenêtres aujourd'hui. Les gens sont plus jeunes qu'ils n'étaient quand j'avais leur âge. Je suis allé récemment à une réunion d'anciens de mon université, et j'ai été choqué de voir quels bébés ils admettent comme étudiants. Il faut reconnaître qu'ils ont l'air plus poli que nous ne l'étions ; plusieurs d'entre eux m'ont appelé monsieur ; il y en a un qui s'est offert à m'aider pour traverser la rue.
    Phénomène parallèle : les gens de mon âge sont plus vieux que moi. Je me rends bien compte que ma génération approche de ce que l'on est convenu d'appeler un certain âge, mais est-ce une raison pour que mes camarades de classe avancent en trébuchant dans un état de sénilité avancée ? Au bar de l'université, ce soir-là, j'ai rencontré un camarade. Il avait tellement changé qu'il ne m'a pas reconnu.