Thomas Pesquet, né le 27 février 1978, est un ingénieur aéronautique et pilote de ligne français. Il est sélectionné en 2009 par l'Agence spatiale européenne (ESA) pour rejoindre le corps des astronautes. Son parcours est marqué par deux missions majeures à bord de la Station spatiale internationale (ISS) : Proxima (2016-2017), un premier séjour de 196 jours. Alpha (2021) où il devient le premier Français à prendre le commandement de l'ISS. Avec 396 jours cumulés dans l'espace et six sorties extravéhiculaires, il détient le record européen de temps passé en orbite. Polyglotte et grand communicant, il a sensibilisé le grand public aux enjeux climatiques à travers ses célèbres photographies de la Terre. Il incarne aujourd'hui le visage de la coopération spatiale européenne.
  • Ce qui marque l'Europe [...], c'est la confuence des forces dans un projet commun, transnational et transculturel. L'idée européenne est, d'une certaine manière, fédératrice et fédérale : la condition sine qua non de sa réalisation, c'est la participation volontaire (c'est-à-dire non contraignante) de ses membres, de l'ensemble de ses régions. Pari osé, périlleux souvent et magnifique, comme toutes les initiatives nées d'un désir de convergence... La convergence, c'est le dépassement par la volonté. C'est la volonté de s'oublier parfois en tant que nation au nom d'une solidarité à laquelle on croit avec d'autres, pas juste de se contenter d'une association économique, un deal gagnant-gagnant de businessmen - qui est la définition plus anglo-saxonne de la convergence, avec les limites et les résultats que l'on sait.
    Éloges du dépassement, conversation avec Étienne Klein, éd. Flammarion
  • Pour ma part, je crois que l'Europe existe dès lors qu'un certain désir de faire route ensemble circule. Dès lors qu'on y croit. Et qu'on y croit non pas comme à un programme politique ou administratif, mais comme on aime : sans certitude, sans garantie mais avec sincérité.
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  • La pollution, sur Terre, engage la vie et, par là, nous concerne toutes et tous. Elle abîme des écosystèmes, contamine des milieux, met en péril des espèces. Le simple fait de laisser traîner un emballage sur une montagne, un mégot sur une plage, a un effet cumulatif délétère qui va impacter des plantes, des animaux, et, ultimement, nous. Chaque geste contribue à la dégradation d'un monde habité. Dans l'espace, il en va autrement. Les débris participent davantage d'une sorte de trouble à l'ordre spatial par leur encombrement qu'à une quelconque dégradation d'un biotope.
    Éloges du dépassement, conversation avec Étienne Klein, éd. Flammarion
  • [...] se confronter aux risques, n'est-ce pas aussi mieux les comprendre et moins les fantasmer.
    Éloges du dépassement, conversation avec Étienne Klein, éd. Flammarion
  • Est-ce vraiment raisonnable de se figer aujourd'hui dans l'état actuel des choses ? Avons-nous atteint le meilleur de ce que nous pouvons faire ? Ou plutôt : pourquoi penser qu'il était positif de progresser jusqu'à présent... mais que ce le serait plus demain ? Si le progrès scientiique (qui entraîne globalement, j'en suis convaincu, le progrès social) n'est plus raisonnable aujourdui, par quelle logique purrait-on justifier qu'il ne l'ait jamais été ? Et pourtant, personne ne veut vivre au XVIIe siècle ni même dans les années 50. La seule permanence sur notre planète, c'est le changement.
    Éloges du dépassement, conversation avec Étienne Klein, éd. Flammarion
  • Se fixer un but ambitieux (les buts faciles n'épanouissent que rarement) et s'en approcher chaque jour de manière mesurable : c'est la définition que je donnerais du bonheur. Passer des lignes d'arrivée n'illumine qu'une seconde, et déjà c'est révolu. Comment remplir le présent, comment embellir l'avenir, sinon en se donnant un but dont on s'apporche visiblement au quotidien !
    Éloges du dépassement, conversation avec Étienne Klein, éd. Flammarion