• Quand il m'arrive de sentir que mon temps est peu de chose, je pense à celui qui s'écoule simultanément dans bien des endroits du monde et qui passe près du mien : ce sont des arbres qui chassent des pollens, des femmes qui attendent une rupture des eaux, un garçon qui étudie un vers de Dante, mille cloches de récréation qui sonnent dans toutes les écoles du monde, du vin qui fermente au soutirage, toutes choses qui arrivent au même moment et qui, alliant leur temps au mien, lui donnent de l'ampleur.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Certaines personnes savent, le jour d'avant, qu'elles ont rendez-vous avec lui. Et, malgré cette intuition, elles ne seront pas prêtes. Le bonheur est toujours une embuscade. On est pris par surprise. Le jour d'avant est donc le meilleur.
    Le jour avant le bonheur, éd. Gallimard
  • Les souvenirs appartiennent au règne des oiseaux, ils laissent une plume quand ils s'en vont. Grâce à elle, on sait à quelle espèce ils appartiennent.
  • L'artiste est celui qui ramène à la surface la vie qui coule sous-jacente.
    Diables gardiens, éd. Gallimard
  • C'est ainsi qu'on tombe amoureux, en cherchant dans la personne aimée le point qu'elle n'a jamais révélé.
  • L'écriture est un acte de résurrection de lieux et de personnes du passé pour les arracher de cette absence.
    Festival Littératures Européennes de Cognac, novembre 2014
  • Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • [...] il y a des chances qui tombent dans les bras du premier venu qu'elles rencontrent, des putains de chances qui le laissent tomber aussitôt pour aller avec le suivant, et il y a des chances avisées, au contraire, qui guettent une personne et l'éprouvent lentement. Et les vivants se rencontrent.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Un arbre a besoin de deux choses : de substance sous terre et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une force d'élégance. La beauté qui leur est nécessaire c'est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d'étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches.[...]
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Un arbre ressemble à un peuple, plus qu'à une personne. Il s'implante avec effort, il s'enracine en secret. S'il résiste, alors commencent les générations de feuilles.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Sans éclats de rire avant, les baisers sont fades.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • C'est ce que doivent faire les livres, porter une personne et non pas se faire porter par elle, décharger la journée de son dos, ne pas ajouter leurs propres grammes de papier sur ses vertèbres.
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Une vie d'homme dure autant que celle de trois chevaux [...]
    Trois chevaux, éd. Gallimard
  • Il y a des moments où les vaincus font l'expérience d'une terrible paix intérieure au plus fort du danger. Pour la grâce reçue de ne plus espérer.
    Alzaia, éd. Rivages
  • Ceux qui cessent de croire aux grandes choses, s'appuyant solidement sur la raison, vivent une étrange aventure : ils deviennent crédules devant des futilités.
    Alzaia, éd. Rivages
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