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Le talent d'écrire peut devenir une puissance dans un État libre.
Le talent d'écrire peut devenir une puissance dans un État libre.
Je n'ai pas plus fait mon livre que mon livre m'a fait, livre consubstantiel à son auteur, d'une occupation propre, membre de ma vie ; non d'une occupation et fin tierce et étrangère comme tous les autres livres.Essais, II, 18
Quand j'écris, je me passe bien de la compagnie et souvenance des livres, de peur qu'ils n'interrompent ma forme.
Il ne faut pas mettre du vinaigre dans ses écrits, il faut y mettre du sel.Mes pensées
Pour bien écrire, il faut sauter les idées intermédiaires, assez pour n'être pas ennuyeux, pas trop de peur de n'être pas entendu.Voyages, Mes pensées, Histoire véritable
[...] sur quoi peut-on écrire sinon sur les choses qui nous hantent [...].Instruments des ténèbres, éd. Actes Sud
L'écriture a ceci de mystérieux qu'elle parle.Connaissance de l'Est
Écrire et dessiner sont identiques en leur fond.Théorie de l'art moderne (1964), éd. Gallimard
Peut-être l'amour nous fait-il vieillir avant l'heure et redevenir jeunes quand la jeunesse s'en est allée. Mais comment ne pas se rappeler ces moments-là ? C'est pour cette raison que j'écris, pour transformer la tristesse en nostalgie, la solitude en souvenirsSur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j'ai pleuré, éd. J'ai Lu
Il y a les auteurs qui écrivent avec de la lumière, d'autres avec du sang, avec de la lave, avec du feu, avec de la terre, avec de la boue, avec de la poudre de diamant et enfin ceux qui écrivent avec de l'encre, les malheureux, avec de l'encre tout simplement.Le livre de mon bord, éd. Mercure de France
C'est un tour de force incroyable de garder au bout de sa plume, après les détours qu'elle doit faire, la saveur de la sensation.Le Livre de mon bord, notes 1930-1936, dans Œuvres complètes, éd. Flammarion
Pudeur et audaces de la plume. Toutes les choses que l'on écrit et que l'on ne dit pas. Toutes celles que l'on dit et qu'on n'écrirait pas.Le Livre de mon bord, notes 1930-1936, dans Œuvres complètes, éd. Flammarion
On écrit pour toujours ou ça ne vaut rien.
Cet art, (l'écriture) produira l'oubli dans l'âme de ceux qui l'auront appris, parce qu'ils cesseront d'exercer leur mémoire : mettant, en effet, leur confiance dans l'écrit, c'est du dehors, grâce à des empreintes étrangères, et non du dedans, grâce à eux-mêmes, qu'ils feront acte de remémoration […]Phèdre
L'idée d'écrire un roman part d'une scène, généralement. Jusqu'ici, ça s'est passé comme ça. Il y a une scène que j'ai dans la tête, ou que j'ai notée, mais toujours très longtemps avant, plusieurs années avant de commencer le livre, quelquefois. Elle sert un peu de matrice au roman. Elle n'a rien à voir avec ce qu'il deviendra, elle est très arbitraire mais c'est un point de départ. Au bout du compte elle ne se retrouvera pas dans le livre, ou elle sera méconnaissable : ce ne sera ni le même lieu ni la même époque ni les mêmes personnages. Il s'y passera tout à fait autre chose. Mais c'est cette scène qui sert de déclencheur, de démarreur. Il y a ça, et puis toute une série de choses qui s'accumulent, des idées de personnages, des descriptions, des bouts de dialogues. Quand j'ai l'impression d'avoir suffisamment de repères, et que tout ça commence à s'organiser, le livre peut commencer. Elle finit par s'imposer plus ou moins. C'est un peu comme une pièce de puzzle, encore une fois.