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On écrit pour toujours ou ça ne vaut rien.
On écrit pour toujours ou ça ne vaut rien.
Cet art, (l'écriture) produira l'oubli dans l'âme de ceux qui l'auront appris, parce qu'ils cesseront d'exercer leur mémoire : mettant, en effet, leur confiance dans l'écrit, c'est du dehors, grâce à des empreintes étrangères, et non du dedans, grâce à eux-mêmes, qu'ils feront acte de remémoration […]Phèdre
L'idée d'écrire un roman part d'une scène, généralement. Jusqu'ici, ça s'est passé comme ça. Il y a une scène que j'ai dans la tête, ou que j'ai notée, mais toujours très longtemps avant, plusieurs années avant de commencer le livre, quelquefois. Elle sert un peu de matrice au roman. Elle n'a rien à voir avec ce qu'il deviendra, elle est très arbitraire mais c'est un point de départ. Au bout du compte elle ne se retrouvera pas dans le livre, ou elle sera méconnaissable : ce ne sera ni le même lieu ni la même époque ni les mêmes personnages. Il s'y passera tout à fait autre chose. Mais c'est cette scène qui sert de déclencheur, de démarreur. Il y a ça, et puis toute une série de choses qui s'accumulent, des idées de personnages, des descriptions, des bouts de dialogues. Quand j'ai l'impression d'avoir suffisamment de repères, et que tout ça commence à s'organiser, le livre peut commencer. Elle finit par s'imposer plus ou moins. C'est un peu comme une pièce de puzzle, encore une fois.
Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs quand elles éclosent le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des adieux dont on s'est douté qu'ils se feraient, à des jours d'enfance dont le mystère ne s'est pas encore éclairci, à ses parents qu'il fallait que l'on offense lorsqu'ils vous offraient une joie et qu'on ne la comprenait pas (c'était une joie faite pour un autre), à des maladies infantiles qui commençaient si singulièrement, par tant d'intimes et douloureuses transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui retentissaient très haut et scintillaient avec toutes les étoiles — et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela —. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d'amour, dont aucune ne ressemblait à l'autre, de cris de femmes aimantes en mal d'enfant et de celles en couches, blanches et dormantes. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits survenant par à-coups. Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d'attendre qu'ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent en nous sang, regard, geste, qu'ils n'ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, que peut alors s'élever du milieu d'eux, en une heure très rare, le premier mot d'un vers.Les Cahiers de Malte Laurids Brigge
Il y a des choses qu'il faut avoir le courage de ne pas écrire.Des pas sur le sable..., éd. Mercure de France
Écrire n'est pas une activité, c'est un état.L'Homme sans qualité, éd. Le Seuil
Écrire peut servir à exorciser la peur et la haine ; ça peut être un moyen de surmonter les préjugés et la douleur. Au moins, si tu sais écrire, tu as une chance de t'exprimer... tu peux offrir tes pensées au monde, et même si personne ne les lit ou ne les comprend, elles ne sont plus piégées au fond de toi.Seul le silence - Sonatine Editions
Nos existences contiennent du roman autant qu'il nous en faut. Parfois davantage.
Écrire un roman pour moi, ce n'était qu'une manière indirecte d'aimer, et de le dire.Pensées et maximes, éd. Grasset
Votre manuscrit est à la fois bon et original mais la partie qui est bonne n'est pas originale et celle qui est originale n'est pas bonne.
Je tremble toujours de n'avoir écrit qu'un soupir, quand je crois avoir noté une vérité.
J'écris pour lutter contre le temps et l'oubli, pour m'assurer un petit supplément de vie.
Il faut se mettre à sa table de travail, ne jamais se dire que l'idée ne viendra pas. Comme un invité que l'on attend, ça la fait toujours venir.Souvenirs et anecdotes, Le cherche midi éditeur
Écrivains qui avez souci de votre dignité, n'écrivez jamais rien sans vous demander : quelle figure ceci fera-t-il quand tous les hommes qui vivent maintenant seront morts ?Faits et croyances, éd. Robert Laffont
Celui-là seul sait écrire qui écrit de telle sorte qu'une fois la chose faite, on n'y peut changer un mot.Faits et croyances, éd. Robert Laffont