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Quand notre regard est borné, notre rapport au futur est modifié. Pour voir loin dans le temps, il me semble qu'il faut voir loin dans l'espace.
Quand notre regard est borné, notre rapport au futur est modifié. Pour voir loin dans le temps, il me semble qu'il faut voir loin dans l'espace.
Je crois que nous sommes moins victime d'une supposée accélération du temps que d'une superposition de présents multiples et désaccordés. Cela crée une sensation tantôt agréable, tantôt désagréable de tourbillon existentiel.
Ce n'est pas parce qu'un événement a eu tout l'air d'être irréversible qu'il ne faut pas revenir régulièrement vérifier qu'il l'est effectivement. Le problème dit de « la flèche du temps » est en effet considéré par certains comme imparfaitement réglé.
L'espace est un monde de contraintes, comme la montagne . C'est très paradoxal : on s'y sent libre, mais on n'y fait absolument pas ce qu'on veut. Cette tension entre la liberté et la contrainte est très féconde pour les réflexions existentiellesBoomerang, France Inter, 26 avril 2021
Le paradoxe est le combustible de la pensée : il nous oblige à remettre en cause ce qu'on pense, ce qui est précisément le mécanisme de la penséeBoomerang, France Inter, 26 avril 2021
On a une très mauvaise connaissance de l'histoire des sciences ! Tout le monde sait que la terre est ronde, mais peu savent comment on a l'a compris. On ne sait pas d'où viennent nos connaissances, donc on les considère comme des croyances.Boomerang, France Inter, 26 avril 2021
La physique moderne est grisante parce qu'elle est contre-intuitive. Pour la faire émerger, il a fallu trouver le moyen "d'aller se faire voir ailleurs" pour tenter de déterminer comment les choses se passeraient dans des contextes radicalement différents : dans le vide ou à cheval sur un rayon de lumière, ou bien au voisinage d'un trou noir... [...] En ce sens, la physique ressemble à la philosophie : son abstraction naît d'un envol hors de notre cage.Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion
[...] nous autres les humains, nous "tenons le milieu". Non pas au sens mafieux du terme, mais au sens où nous occupons une place qui est une sorte d'entre-deux, situé quelque part entre l'infiniment petit et l'infiniment grand, avec la capacité d'entrevoir l'un et l'autre. Pas de quoi être fiers, mais pas de quoi non plus rester humbles.Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion
C'est bien par l'esprit que l'espèce humaine s'est arrachée aux illusions mondaines. Car, pour envisager que notre planète puisse tourner autour du Soleil, il fallait d'abord s'émanciper de notre perception immédiate et faire l'effort de la regarder comme si on se trouvait très loin d'elle. Ce sont de telles associations fécondes entre l'imagination et le raison qui ont déclenché la physique moderne et l'ont ensuite nourrie.Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion
De façon générale, la perception d'un risque donné a tendance à masquer l'évaluation des risques nouveaux qu'induirait la suppression de ce risque. Nos actions nous inquiètent plus que nos inactions.Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion
Le temps, ça ne passe pas, ça fait passer la réalité, exactement comme le chemin chemine simplement, mais il ne change pas.
Pour savoir qu'on est incompétent , il faut être compétent.
La loi générale, c'est la loi de Murphy, qui veut que si un emmerdement peut avoir lieu, la probabilité qu'il se produise est égale à un. Par exemple, la tartine beurrée qu'on laisse échapper de ses mains tombera immanquablement du côté beurré, surtout si on l'a beurrée du mauvais côté.Tout n'est pas relatif, éd. Flammarion
[...] je ne suis pas sûr qu'on puisse considérer que l'esprit de conquête en direction des territoires dont les conditions sont extrêmes soit un instinct ancré dans l'espèce humaine en tant que telle. C'est plutôt une affaire d'individus singuliers. Le désir de gravir les plus hauts sommets, d'explorer les fonds marins ou les gouffres n'a rien d'universel. Il relève plutôt de la pulsion de quelques premiers explorateurs, de pionniers souvent marginaux, d'âmes téméraires ou de zouaves visionnaires qui, à contre-courant du bon sens vital, ont voulu élargir le "champ des possibles", comme on dit. Ce sont eux qui, par leur audace et leur tempérament somme toute un peu spécial, ont repoussé, génération après génération, les bornes de notre humaine condition.Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion
D'une façon générale, quand un résultat scientifique vient malmener certaines idéologies, percuter des croyances ou interroger nos modes de vie, on assiste à sa dégradation médiatique en une simple opinion que chacun croit pouvoir contester à sa guise.Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion