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Les paysages m'ont offert mes premières initiations à la beauté et à l'équilibre. S'il est un truisme par excellence, c'est bien de s'extasier devant un coucher de soleil sur la mer, ou sur l'équilibre délicat des couleurs et des formes d'une plaine contemplée depuis une hauteur, d'admirer les cimes inaccessibles et mystérieuses des chaînes de montagne. Mais existe-t-il un accès plus immédiat à la beauté, celle qui procure ce « sentiment océanique de l'existence » dont a parlé Romain Rolland, que le paysage ? Peut-on trouver meilleure éducation de l'esprit et du cœur que dans l'exercice d'admiration auquel ils nous invitent ? Je suis constamment frappée de constater qu'il n'y a jamais de faute de goût, ni dans les couleurs, ni dans les formes, dans la nature, ni même dans le concert des sons entre eux - la rainette et le hibou, l'oiseau et le vent. Il n'y a que des sons dans la nature, tandis que nous faisons du bruit.