Hélène Grimaud, née le 7 novembre 1969, est une pianiste française de renommée internationale, également écrivaine et passionnée par la nature et les animaux, notamment les loups. Après avoir intégré le Conservatoire de Paris à seulement 13 ans, elle se distingue par son talent et sa sensibilité musicale, devenant rapidement l'une des figures majeures de la musique classique contemporaine. Sa technique et son approche interprétative des œuvres de Brahms, Rachmaninov et Beethoven lui confèrent une reconnaissance mondiale. En parallèle, Hélène Grimaud publie plusieurs livres, dont Variations Sauvages (2003) et Leçons Particulières (2005), où elle partage ses réflexions sur la musique, la nature et la spiritualité.
  • Les paysages m'ont offert mes premières initiations à la beauté et à l'équilibre. S'il est un truisme par excellence, c'est bien de s'extasier devant un coucher de soleil sur la mer, ou sur l'équilibre délicat des couleurs et des formes d'une plaine contemplée depuis une hauteur, d'admirer les cimes inaccessibles et mystérieuses des chaînes de montagne. Mais existe-t-il un accès plus immédiat à la beauté, celle qui procure ce « sentiment océanique de l'existence » dont a parlé Romain Rolland, que le paysage ? Peut-on trouver meilleure éducation de l'esprit et du cœur que dans l'exercice d'admiration auquel ils nous invitent ? Je suis constamment frappée de constater qu'il n'y a jamais de faute de goût, ni dans les couleurs, ni dans les formes, dans la nature, ni même dans le concert des sons entre eux - la rainette et le hibou, l'oiseau et le vent. Il n'y a que des sons dans la nature, tandis que nous faisons du bruit.
    Renaître, éd. Albin Michel
  • [...] à forcer ses désirs, on en fait des vérités, pire, des réalités.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • [...] se souvenir, c'est aussi inventer. La mémoire est l'art magique de la composition.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • [...] jouer la musique de Bach ou les messes de Mozart, c'est peindre des icônes avec des sons.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • Les paysages sont essentiellement musicaux. La montagne, que je regardais dans l'espoir d'y trouver Dieu, c'est Jean-Sébastien Bach. Plus on monte, moins on voit ce qu'il y a dessous; plus la hauteur devient propice à se retrouver soi-même. Le cours d'eau, c'est le legato. Le serpent, le mouvement continu et ininterrompu.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • Une musique sans silence, qu'est-ce, sinon le bruit ?
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • [...] souvent, celui avec qui l'on s'oppose vous construit mieux que celui dont on se sent le plus proche.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • Ah, les mains ! J'en suis sûre, les artistes respirent le monde par leurs paumes.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • Avec le recul, je me rends compte du privilège de ces moments [d'ennui] où l'on sent presque pousser ses os. On mesure, dans la lenteur du rêve et l'épaisseur du silence, la densité du temps qui s'écoule. Les heures d'ennui de l'enfance sont les jardins du temps, bêchés d'exaspérations, labourés d'éternités ralenties, hantés par de futurs lointains...
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • Belle profession que celle de critique qui consiste trop souvent à trouver le pire dans le meilleur et le meilleur dans le pire, faute d'un goût personnel ou désintéressé.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • Ce que vise tout artiste véritable, c'est à animer de sa vie la vie de l'œuvre jouée, à lui donner tout son être, dans cet abandon parfait propre à l'amour.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • La musique est un prolongement du silence, elle est aussi ce qui la précède, ce qui retentit au cœur du morceau.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • Moi, la musique m'a convertie, elle m'a sauvée.
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • L'amour et la musique peuvent tout, tout hormis "n'être pas".
    Variations sauvages, éd. Robert Laffont
  • Se défaire des habitudes quotidiennes du corps, c'est se donner la chance d'un autre rapport à la pensée.