• L'esprit européen est bien davantage qu'un héritage intellectuel, artistique, spirituel et scientifique. Finalement, l'Europe, c'est un peu comme la science : un geste ambigu qui se réinvente sans cesse, une démarche continue qui consiste toujours à se séparer de soi, à ne jamais en rester là où on en est, à aller de l'avant, à toujours remettre en question son héritage.
    Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion
  • L'Europe est en effet un ensemble de terres tout à la fois séparées et reliées par des mers qui jouent le double rôle d'obstacle et de lien. D'une part, elles individualisent et pérennisent des entités politiques rivales qui se trouvent relativement protégées. D'autre part, en liaison avec les cours d'eau navigables, elles font de ces entités politiques des partenaires aussi bien que des concurrentes, en permettant entre elles des échanges de biens et la circulation des individus. Qu'on en juge par ce simple chiffre : l'Europe de l'Ouest jouit de quatre à cinq fois plus d'ouvertures sur la mer, à superficie égale, que le Moyen-Orient, l'Inde ou la Chine, qui sont pour l'essentiel d'énormes masses continentales dont la topographie a été longtemps moins favorable aux échanges.
    Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion
  • Aux yeux des philosophes des Lumières, le temps qui passe est constructeur, au sens où il est complice de notre volonté et de notre liberté, à la condition que nous fassions l'effort intellectuel d'investir dans une certaine représentation de l'avenir et que nous travaillions à la faire concrétement advenir. Aujoud'hui, nous n'accordons plus au temps de telles vertus positives, peut-être parce que les vérités qu'exhibent les sciences, notamment celles à propos de l'environnement, ne consolent plus. Apportant leur lot de mauvaises nouvelles, elles nous désenchantent plutôt, quand elles ne nous inquiètent pas. En conséquence, le temps qui passe nous apparaît bien plus corrupteur que constructeur.
    Éloges du dépassement, conversation avec Thomas Pesquet, éd. Flammarion
  • La perspective de la mort est une pensée dopante.
    Philosophie magazine, n° 161
  • Si on veut donner le goût des sciences, il faut d'abord leur donner du goût.
  • Si quelqu'un dit « notre passé fut misérable, notre présent est abominable mais, HEUREUSEMENT, nous n'avons pas d'avenir », devons-nous le considérer comme un pessimiste ou comme un optimiste ?