Jacqueline de Romilly (26 mars 1913 - 18 décembre 2010) est une philologue, essayiste, traductrice et helléniste française. Elle membre de l'Académie Française de 1988 à sa mort.
  • Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours […], c'est être capable de dialoguer, c'est le seul moyen d'endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialité.
  • La connaissance laisse toujours une trace, une marque (…) et elle constitue comme un repère, une référence qui nous aide à penser et à vivre.
  • La pensée demande des correctifs, des nuances, de la subtilité, pas des dogmes tout faits issus des fast-foods de la réflexion.
  • Nous avons tendance à toujours exagérer et, par là, des mots qui étaient forts viennent à s'user, perdent leur sens, perdent leur présence.
  • Les connaissances constituent une résistance aux propositions flatteuses et trompeuses. Elles sont une mise en garde contre les dangers liés au manque de jugement et peuvent être un rempart contre les sectes, les idéologies.
  • Toute technique neuve, toute doctrine neuve, tout mot nouveau lancé par un penseur change un peu, que l'on s'en aperçoive ou non, la façon de sentir de tous.
    Les Grands Sophistes dans l’Athènes de Périclès, éd. de Fallois
  • Le latin et le grec ont un avantage considérable à être des langues mortes, car elles nous obligent, par une tension de l'esprit sur les mots, la syntaxe, la construction du raisonnement, à remplacer notre volubilité et nos à-peu-près par la rigueur.
  • Les mots reflètent souvent notre histoire : leur effacement progressif décrit, lui, notre paresse ou notre manque de curiosité. Pourtant, tant de richesses sont à notre disposition…
  • On a toujours un peu tendance à enfermer un être dans un seul personnage […]. Mais ce personnage que peu à peu l'on s'impose à soi-même n'était pas au départ le seul pour lequel on pût être fait. Il y a en nous tant de possibilités progressivement abandonnées.
  • Elle ne peut pas tout garder, cette mémoire, elle encombrerait notre vie d'une masse infinie de connaissances, d'expériences, d'idées, de sensations et rendrait toute action impossible. Pour la soutenir, elle a cette réserve extraordinaire, cette possibilité de conserver dans ses retraites cachées tout ce qu'elle ne peut pas avoir constamment sous la main. […] Le plus beau des paradoxes de l'oubli est donc que celui-ci soit comme une réserve de la mémoire ; et la véritable activité de l'esprit consiste dans le dialogue perpétuel qui se tient entre souvenirs conservés et souvenirs oubliés. Les uns viennent en aide aux autres et, réunis, ils nous viennent en aide à nous, tout au cours de notre vie.