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Si je cherche à formuler ce que j'aime en toi, je dirais que c'est ta liberté - c'est-à-dire ce point de ton coeur où tu devenais à toi-même imprévisible.
Si je cherche à formuler ce que j'aime en toi, je dirais que c'est ta liberté - c'est-à-dire ce point de ton coeur où tu devenais à toi-même imprévisible.
Le temps perdu est comme le pain oublié sur la table, le pain sec. On peut le donner aux moineaux. On peut aussi le jeter. On peut encore le manger, comme dans l'enfance le pain perdu : trempé dans du lait pour l'adoucir, recouvert de jaune d'œuf et de sucre, et cuit dans une poêle. Il n'est pas perdu, le pain perdu, puisqu'on le mange. Il n'est pas perdu, le pain perdu, puisqu'on y touche à la fin des temps et qu'on y mange sa mort, à chaque seconde, à chaque bouchée. Le temps perdu est le temps abondant, nourricier.La Part manquante, éd. Gallimard
Pour lire un roman, il faut deux ou trois heures. Pour lire un poème, il faut une vie entière.
Il faudra des milliers d'années pour que les déchets d'uranium ne soient plus mortels. Il faudra beaucoup plus, avant qu'un poème cesse d'irradier par son silence un lecteur au hasard.
On a qu'une faible idée de l'amour tant qu'on n'a pas atteint ce point où il est pur, c'est à dire non mélangé de demande, de plainte ou d'imagination.
Je refusais obstinément de vivre dans l'antarctique des gens normaux.
Au printemps des questions volent dans les jardins. Ce sont les papillons. Où sont les réponses ?La nuit du coeur, éd. Gallimard
Le début est un mystère, la fin une révélation. Mais dans l'intervalle, il y a les émotions qui sont les vraies richesses de la vie.
J'ai interrogé les livres et je leur ai demandé quel était le sens de la vie, mais ils n'ont pas répondu. J'ai frappé aux portes du silence, de la musique, et même de la mort, mais personne n'a ouvert. Alor j'ai cessé de demander. J'ai aimé les livres pour ce qu'ils étaient, des blocs de paix, de respirations si lentes qu'on les entend à peine.
Qui n'a pas connu l'absence ne sait rien de l'amour.
Il n'y a pas d'autre raison de vivre que de regarder, de tous ses yeux et de toute son enfance, cette vie qui passe et nous ignore.La nuit du cœur, éd. Gallimard
Il y a besoin de si peu, pour écrire. Il n'y a besoin que d'une vie pauvre, si pauvre que personne n'en veut et qu'elle trouve asile en dieu, ou dans les choses. Une abondance de rien. Une vie à l'inverse de celles qui sont perdues dans leur propre rumeur, pleines de bruits et de portes.Une petite robe de fête, éd. Gallimard
J'écris seulement si quelque chose me coule du cœur jusqu'aux mains.
Les mariages usent l'amour, le fatiguent, le tirent vers le sérieux et le lourd qui est le lieux du monde.
Les hommes c'est comme tout le monde, les femmes c'est comme personne.