Lorsque je lève les yeux vers le ciel étoilé la nuit et que je réfléchis à ce que je vois réellement là-haut, je ne peux m'empêcher de dire : « Dieu n'existe pas. » L'esprit vacille lorsqu'il tente de saisir l'idée d'un être capable d'un tel exploit. C'est une entreprise vaine. Ce ne sont pas les œuvres d'un quelconque Dieu que je vois là-haut. Je me trouve face à face avec une puissance qui défie toute expression. Je n'y vois aucun trait de personnalité, aucun trait humain, mais une énergie dont les courants font des systèmes solaires de simples bulles. En sa présence, l'homme et la race humaine ne sont pas plus que des grains de poussière dans l'air. Je doute qu'un esprit puisse élargir suffisamment sa conception de Dieu pour faire face aux révélations stupéfiantes de la science moderne. Il est plus facile de dire qu’il n'y a pas de Dieu. L'univers est si peu humain, c'est-à-dire qu'il suit son cours en ne se souciant guère de l'homme. Celui-ci n'est qu'un incident, pas une fin. Nous devons adapter nos notions à la découverte que les choses ne sont pas façonnées pour lui, mais qu'il est façonné pour elles. L'air n'a pas été fait pour ses poumons, mais il a des poumons parce qu'il y a de l'air ; la lumière n'a pas été créée pour ses yeux, mais il a des yeux parce qu'il y a de la lumière. Toutes les forces de la nature suivent leur propre cours ; l'homme s'en sert, ou s'y accroche du mieux qu'il peut. S'il tient bon, il prospère ; s'il perd prise et tombe, il est écrasé.