Pierre Bourgault (23 janvier 1934 - 16 juin 2003) est un journaliste, homme politique, professeur d'université, essayiste, éditorialiste et animateur de radio canadien. Né à East Angus, au Québec, il est surtout connu comme l'un des figures emblématiques du mouvement souverainiste québécois. Dans les années 1960, il a dirigé le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), un parti prônant l'indépendance du Québec. En dehors de la politique, il a contribué à la vie intellectuelle et culturelle du Québec en tant qu'essayiste et éditorialiste, abordant des thèmes variés tels que la liberté d'expression, l'identité québécoise et les droits civiques.
  • Il vaut mieux aller plus loin avec quelqu'un que nulle part avec tout le monde.
  • La parole est vaine pour les imbéciles. C'est pourquoi il ne faut pas leur en laisser le monopole. Il faut que l'intelligence parle mieux et plus haut que la stupidité, que le préjugé, que l'ignorance, que la bêtise. Elle n'est pas que plaisir. C'est aussi une arme dangereuse qu'il faut savoir maîtriser pour ne pas se laisser maîtriser par ceux qui la maîtrisent.
    Écrits polémiques, La Culture. VLB éditeur
  • Défendre notre langue au Québec, c'est défendre toutes les langues du monde contre l'hégémonie d'une seule.
  • Le plaisir de la langue, c'est de pouvoir la parler sans effort. Or, quand on se refuse au départ l'effort de l'apprendre, on se condamne à parler avec effort toute sa vie.
    Écrits polémiques, La Culture. VLB éditeur
  • La vanité est le moteur du monde. La peur en est le frein.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • L'homme le plus honnête ment à l'occasion, ne serait-ce que pour démontrer que la franchise, comme une perle, brille mieux sur un fond noir.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • [...] la tendresse est l'abat-jour des passions.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • C'est aussi cela, la solitude : apprendre à vivre froidement en compagnie de ses maladies et des ses bibites.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • Les livres : je voudrais m'en passer que je ne le pourrais pas. Je ne soulignerai jamais assez le plaisir que je prends à communiquer avec quelqu'un sans avoir à supporter ses tics, sa présence malodorante ou ses moments d'insignifiance. Je peux, dans les livres, me choisir des amis que je n'aurais jamais eu l'occasion de rencontrer ou qui, trop familiers, perdraient mon amitié. Je peux choisir de communiquer avec une pensée, un style, une langue sans avoir à subir les contraintes physiques de l'environnement social ordinaire. Je peux avoir accès au divertissement ou au génie sans le moindre effort et à peu de frais. Je ne suis jamais seul quand je suis avec Marcel (Proust, évidemment).
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • L'homogénéisation stérilise. C'est la somme des cultures et des langues qui fait l'humanité.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • On manipule le langage pour masquer la vacuité de son raisonnement ou pour étaler un narcissisme pervers qui se donne des airs savants dans le but d'éblouir des profanes qu'on ne réussit qu'à tromper.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • Je ne crois pas exagérer en affirmant que les journaux, les magazines, la radio, la télévision affectent l'esprit humain exactement de la même manière que le font les drogues mineures. Le pot et le hash annihilent - du moins temporairement - l'esprit de synthèse pour lui substituer un processus linéaire qui ne permet pas le retour en arrière, qui procède par flashes consécutifs, sans lien les uns avec les autres, et qui, en conséquence, fait éclater l'esprit en autant de petites cases indépendantes qui se suffisent à elles-mêmes avant de mourir d'inanition.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • [...] la communication de masse est une imposture, puisque personne ne comprend la même chose de la même façon. J'ose aller plus loin : il n'y a de vraie communication - finalement - qu'entre deux individus amoureux.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • On se plaint constamment du manque de contact réel entre les hommes mais, si déplaisante soit la chose, il faut bien accepter une évidence, presque tragique : la plupart des gens n'ont rien à dire, la plupart des gens qui ont quelque chose à dire ne savent pas le dire, la plupart des gens ne veulent rien entendre de ce que les autres ont à dire, la plupart des gens se fichent royalement de ce qui peut se passer en dehors de leur petit monde à eux, la plupart des gens ont tant de choses à cacher qu'ils préfèrent ne communiquer avec personne de peur d'être démasqués.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
  • Le courage : ce beau mot a été bien galvaudé et ce qu'on prend souvent pour du courage n'est que le geste vaniteux et spectaculaire mal déguisé.
    La Culture. Écrits polémiques t.2, éd. PCL
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