• La nouvelle redonne ce pouvoir à l'écrivain, le pouvoir de gérer le temps, de créer un drame, des attentes, des surprises, de tirer les fils de l'émotion et de l'intelligence, puis subitement, de baisser le rideau. En fait, sa brièveté met la nouvelle au même plan que la musique ou le théâtre : un art du temps. La durée de la lecture - comme celle de l'écoute ou du spectacle - est régulée par le créateur. La brièveté rend la lecture captive.
    Concerto à la mémoire d'un ange, éd. Albin Michel
  • Comme d'habitude, je ne vis plus. L'écriture s'est emparée de moi et a placé tout ce qui ne la concerne pas en suspension. Mis entre parenthèses, je me réduis à un scribe, une main au service d'une urgence : les personnages qui veulent exister, l'histoire qui veut trouver ses mots.
    Concerto à la mémoire d'un ange, éd. Albin Michel
  • Chaque douleur a son authenticité.
    La Grande Librairie, 18 sept. 2019
  • La gloire va mieux aux morts, c'est un vêtement d'emprunt, elle rend les vivants ridicules.
    Lorsque j'étais une oeuvre d'art, éd. Albin Michel
  • Si le moche n'attitre pas d'emblée, il se fait remarquer, il provoque le commentaire, l'obscurité cesse, l'anonymat s'évanouit [...] Le moche ne peut que progresser. IL surprendra sans cesse. IL se montrera d'autant plus séducteur qu'il est moins séduisant. Il marivaudera d'autant mieux qu'il perd dès qu'il se tait. Il sera plus audacieux, plus rapide, plus amoureux, plus flatteur, plus enivré, plus généreux, bref, en un mot plus efficace. Les moches sont des amants délicieux. Les moches sont toujours vainqueurs en amour.
    Lorsque j'étais une oeuvre d'art, éd. Albin Michel
  • Le suicide, c'est comme le parachutisme, le premier saut reste le meilleur. La répétition émousse les émotions, la récidive blase.
    Lorsque j'étais une oeuvre d'art, éd. Albin Michel
  • Il faut emprunter les idées du peuple si l'on veut le diriger.
  • Il ne faut pas dire quel sale temps mais quel beau jour de pluie !
  • La sincérité, c'est le contraire du discernement ! Pour atteindre l'harmonie entre soi et les autres, il faut analyser les pensées, les filtrer, en refouler certaines. La vérité ne constitue pas un but, elle n'a d'intérêt que si elle sert ; or, la plupart du temps, elle freine ; pis, elle détruit.
    Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus, éd. Albin Michel
  • Un véritable humaniste ne reconnaît pas les frontières.
  • La douleur n'élève pas, elle ratatine. Loin de nous améliorer, elle nous amenuise. Elle ne conduit pas à des pensées sublimes, elle condamne à ne plus penser du tout. La douleur n'a rien d'un privilège qui ennoblit, tout d'un fléau qui fout à terre.
  • Et si la vie n'était qu'un songe ? Et si les nuages, les oiseaux, la Terre et les autres hommes n'étaient que visions de notre esprit ?
  • C'est la seule chose que nous apprend la mort : qu'il est urgent d'aimer.
  • Sans doute faut-il beaucoup de maîtrise et d'abandon pour oser la simplicité.
    Ma vie avec Mozart
  • On ne pardonne pas quelque chose, on pardonne à quelqu'un. L'acte reste mauvais, mais la personne ne le devient pas. On ne peut la réduire à son geste nocif. Pardonner revient à considérer l'individu en entier, à lui redonner le respect et le crédit qu'il mérite.
    La vengeance du pardon, éd Albin Michel