• En quoi consiste la photogénie ? C'est la faculté de produire des photos qui vont plus loin que l'objet réel.
    Le Coq de bruyère, éd. Gallimard
  • [...] autrui est pour nous un puissant facteur de distraction, non seulement parce qu'il nous dérange sans cesse et nous arrache à notre pensée actuelle, mais aussi parce que la seule possibilité de sa survenue jette une vague lueur sur un univers d'objets situés en marge de notre attention, mais capable à tout instant d'en devenir le centre.
    Vendredi ou les Limbes du Pacifique, éd. Gallimard
  • Je sais maintenant que chaque homme porte en lui - et comme au-dessus de lui - un fragile et complexe échafaudage d'habitudes, réponses, réflexes, mécanismes, préoccupations, rêves et implications qui s'est formé et continue à se transformer par les attouchements perpétuels de ses semblables.
    Vendredi ou les Limbes du Pacifique, éd. Gallimard
  • La solitude est un vin fort. Insupportable à l'enfant, elle enivre d'une joie âpre l'homme qui a su maîtriser, quand il s'y adonne, les battements de son coeur de lièvre.
    Vendredi ou les Limbes du Pacifique, éd. Gallimard
  • [...] notre visage est cette partie de notre chair que modèle et remodèle, réchauffe et anime sans cesse la présence de nos semblables.
    Vendredi ou les Limbes du Pacifique, éd. Gallimard
  • Le dormeur est un aliéné qui se croit mort.
    Vendredi ou les Limbes du Pacifique, éd. Gallimard
  • Exister, qu'est-ce que cela veut dire ? Ça veut dire être dehors, sistere ex. Ce qui est à l'extérieur existe. Ce qui est à l'intérieur n'existe pas. Mes idées, mes images, mes rêves n'existent pas. [...] je n'existe qu'en m'évadant de moi-même vers autrui. Ce qui complique tout, c'est que ce qui n'existe pas s'acharne à faire croire le contraire. Il y a une grande et commune aspiration de l'inexistant vers l'existence. C'est comme une force centrifuge qui pousserait vers le dehors tout ce qui remue en moi, images, rêveries, projets, fantasmes, désirs, obsessions. Ce qui n'ex-siste pas in-siste. Insiste pour exister.
    Vendredi ou les Limbes du Pacifique, éd. Gallimard
  • [...] il faut avoir le courage de plonger dans les ténèbres pour en rapporter la lumière.
    Gilles & Jeanne, éd. Gallimard
  • Le pouvoir excessif rend fou. Qu'est-ce qu'un tyran ? C'est un souverain que son pouvoir a rendu fou.
    Gilles & Jeanne, éd. Gallimard
  • Ce qui est redoutable [...] c'est un pouvoir illimité commandé par un esprit borné. Il n'est pas de violence ni de crime qu'il ne faille craindre de mains vigoureuses au service d'une tête faible.
    Gilles & Jeanne, éd. Gallimard
  • Ainsi quand nous approchons de l'heure de notre mort, notre vie familière peut paraître inchangée, l'au-delà hurle à nos oreilles un chant profond qui tourne en dérision toutes nos petites préoccupations.
    Gilles & Jeanne, éd. Gallimard
  • ccc. Deux pommes sur une planche pour l'hiver. L'une se boursoufle et pourrit. L'autre se dessèche et se ratatine. Choisis si possible cette seconde sorte de vieillesse, dure et légère.
    Petites proses, éd. Gallimard
  • "Comprendre" la prose, c'est saisir les idées qui la commandent. "Comprendre" un poème, c'est être envahi par l'inspiration qui en émane.
    Le miroir des idées, éd. Mercure de France
  • Nous autres célibataires, comme on a vite fait de nous traiter de séducteurs, alors que le plus souvent nous ne sommes que séduits, gibiers et non chasseurs, victimes et non bourreaux !
    Le médianoche amoureux, éd. Gallimard
  • Je pense que les relations d'un homme avec l'argent sont aussi profondes et complexes que celles qu'il peut avoir avec Dieu, son propre corps, sa femme, sa mère, etc.
    Le médianoche amoureux, éd. Gallimard