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On n'espère seulement ce qui n'est pas, ce que l'on ignore ou ce qui ne dépend pas de nous. N'espérez donc pas être heureux demain, soyez-le aujourd'hui.
On n'espère seulement ce qui n'est pas, ce que l'on ignore ou ce qui ne dépend pas de nous. N'espérez donc pas être heureux demain, soyez-le aujourd'hui.
La laïcité n'est pas le contraire de la religion. Elle est le contraire de la théocratie (qui voudrait soumettre l'État à une religion), du totalitarisme (qui voudrait soumettre les consciences à l'État), et du fanatisme (qui voudrait s'imposer par la violence).
On va tous mourir. Objectivement, c'est une mauvaise nouvelle. Mais voir la vérité en face, même sombre, donne envie de vivre, là où des tas de leçons d'optimisme donnent envie de se coucher.
L'homme humble ne se croit pas inférieur aux autres : il a cessé de se croire supérieur. Il n'ignore pas ce qu'il vaut, ou peut valoir : il refuse de s'en contenter.
Ce n'est pas la mort qu'il faut vaincre, puisqu'on ne peut, c'est la peur que nous en avons. La sagesse, non la santé, est le remède. La philosophie, non la médecine, le chemin. Il s'agit de vivre, et de vivre heureux si nous le pouvons. Mais comment des mortels le pourraient-ils (sauf à se bercer d'illusions) sans accepter la mort ?Impromptus, éd. PUF
La vie n'est qu'une occurrence parmi d'autres de l'universel devenir : tout change, tout disparaît, et notre corps ne fait qu'accompagner ce mouvement, où il se perd. L'enfant meurt dans l'adulte, comme l'homme jeune dans le vieillard. Et qui ne préfère la jeunesse ?Impromptus, éd. PUF
Dire oui à la vie, c'est dire oui aussi à sa finitude, à ce qu'elle comporte pour nous, nécessairement, d'échecs et de frustrations : dire oui à la vie, c'est dire oui aussi à la maladie et à la mort.Impromptus, éd. PUF
Le suicide n'est ni l'infamie que certains condamnent ni l'apothéose dont d'autres se réclament. Évitons louanges et diatribes. Le suicide n'est ni un sacrilège ni un sacrement, ni une apothéose ni une apostasie. C'est un chemin de traverse, simplement, le plus bref, le plus radical, une échappée sur rien, une anticipation de l'inéluctable. C'est le raccourci définitif.Impromptus, éd. PUF
Le bonheur n'est ni dans l'avoir ni dans l'être, il est dans le faire.
Je n'ai pas une assez haute idée de l'humanité en général et de moi-même en particulier pour imaginer qu'un Dieu ait pu nous créer. Cela ferait une bien grande cause, pour un si petit effet ! Trop de médiocrité partout, trop de bassesse, trop de misère comme le dit Pascal, et trop peu de grandeur. [...] Comment un Dieu aurait-il pu vouloir cela ? Croire en Dieu ce serait péché d'orgueil ; l'athéisme est une forme d'humilité. C'est se prendre pour un animal, comme nous sommes en effet, et nous laisser la charge de devenir humains.Pensées sur l'athéisme
Le philosophe préfère une vraie tristesse à une fausse joie : l'exigence de lucidité prime l'envie d'être heureux.Philosophie magazine, n° 161
Tu vaux ce que tu veux, et c'est ce qu'on appelle la vertu.
La sagesse indique une direction : celle du maximum de bonheur dans le maximum de lucidité.Le Bonheur, désespérément, éd. Pleins Feux
Une pensée n'échappe au néant ou au bavardage que par l'effort, qui la constitue, de résister à l'oubli, à l'inconstance des modes ou des intérêts, aux séductions du moment ou du pouvoir.Petit traité des grandes vertus, éd. PUF
Je n'ai pas une assez haute idée de l'humanité en général et de moi-même en particulier pour imaginer qu'un Dieu ait pu nous créer. Cela ferait une bien grande cause, pour un si petit effet ! Trop de médiocrité partout, trop de bassesse, trop de misère, comme dit Pascal, et trop peu de grandeur. [...] La simple connaissance de soi, comme l'a vue Bergson, pousse à plaindre ou à mépriser l'homme, davantage qu'à l'admirer. Trop d'égoïsme, de vanité, de peur. Trop peu de courage et de générosité. Trop d'amour propre, trop peu d'amour. L'humanité fait une création tellement dérisoire. Comment un Dieu aurait-il pu vouloir cela ? Il y a du narcissisme dans la religion, dans toute religion (si Dieu m'a créé, c'est que j'en valais la peine !), et c'est une raison d'être athée : croire en Dieu, ce serait un péché d'orgueil.Pensées sur l'athéisme, éd. Albin Michel